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"Le Talisman" de Paul Sérusier

D 1er décembre 2014     H 10:25     A Béatrice Louys     C 0 messages


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INTRODUCTION

Conservée au Musée d’Orsay à Paris, cette huile sur bois de 27 cm de haut et 22 cm de large, intitulée « Le Talisman », a été peinte par Paul Sérusier en octobre 1888 à Pont-Aven en Bretagne (il avait 24 ans). Juste avant son départ vers la capitale, il réalisa très rapidement cette oeuvre, sous la direction de Paul Gauguin.

« Le Talisman », également appelé «  l’Aven au Bois d’Amour », constitue un tournant décisif dans la manière de peindre de l’artiste et sera le porte-drapeau d’un nouveau groupe, ce qui explique son titre et lui confère une dimension particulière. Chaque été, quelques artistes se retrouveront ainsi en Bretagne pour peindre et débattre : ils se donneront le titre de « nabis » ou prophètes en hébreu et se rencontreront régulièrement à Paris. De prophétique qu’elle fut, on peut se demander pourquoi cette histoire ne dura qu’un temps et n’eut pas plus d’avenir, ni d’impact. Pour tenter de comprendre cela, nous allons nous pencher plus précisément sur la réalisation de cette peinture.

Dans une première partie, nous situerons tout d’abord l’oeuvre dans le contexte historique de cette fin du XIXe siècle, sous l’influence de Paul Gauguin et de son « Ecole de Pont-Aven », et ensuite dans la carrière de Paul Sérusier, au sein du groupe constitué des « nabis ». Nous nous pencherons sur la peinture proprement dite, dans une seconde partie, où son analyse visuelle nous amènera à décrire aussi bien le sujet traité que la manière dont l’artiste a appréhendé son sujet. Enfin, en conclusion, nous verrons pourquoi cette petite huile a fait date et en quoi elle nous intrigue toujours.

1ère PARTIE : Historique et élaboration de l’oeuvre

A) Contexte historique de cette fin du XIXe siècle, sous l’influence de Paul Gauguin

Paul Gauguin porta son empreinte sur la vie et l’oeuvre de Paul Sérusier en l’espace de ces quelques étés, où il séjournèrent ensemble à Pont-Aven en Bretagne, jusqu’en 1891, date du départ de Gauguin vers Tahiti

a/ Cette fin du XIXe siècle est une période riche en productions impressionnistes et post-impressionnistes : Van Gogh, Gauguin, Cézanne en sont les figures importantes avec des manières différentes, en essayant de rompre avec le traditionnel et de reproduire leur ressenti sur la toile.

En ce 19ème siècle, il y eut aussi une recherche approfondie sur les couleurs en la personne de Michel-Eugène Chevreul, chimiste qui réfléchit à l’harmonie des couleurs. A la demande de la manufacture des Gobelins, dont il est le directeur, il crée le 1er cercle chromatique en 1839, suivis de bien d’autres études sur le jeu entre couleurs primaires et couleurs complémentaires. C’est sur ces bases que va se construire le fauvisme, à la recherche de couleurs intenses, dont l’un des chefs de file sera Henri Matisse.

A cheval entre le 19ème et le 20ème siècle, Paul Sérusier se retrouve donc à peindre en une période charnière à plus d’un titre, que ce soit au niveau de la forme, des couleurs, du symbolisme…

b/ L’École de Pont-Aven est le nom qui a été donné a posteriori pour grouper, sous une même étiquette, des artistes très différents, dont Paul Gauguin arrivé en 1886, qui sont venus régulièrement peindre à Pont-Aven.
Paul Sérusier écrit dans un courrier daté de 1920 et publié dans ABC de la peinture :

«  C’est en 1888 que je vis pour la première fois Paul Gauguin à Pont-Aven… Ce ne fut qu’à la fin de 1888 que j’entrai en conversation avec les impressionnistes. Cette conversation me découvrait de nouveaux horizons encore bien nuageux. Rentré à l’Académie Julian, je prêchai la révolte, et un groupe se forma avec des idées différentes. Nous avions tous un lien commun : le désir de nous affranchir de l’enseignement officiel… A la fin de 1889, je retrouvai Gauguin à Pont-Aven… En 1891, Gauguin partait pour Tahiti. Trois ans après, Gauguin revenait à Pont-Aven. Je n’y étais pas. Il y rencontra Séguin, Loiseau, etc., puis retourna à Tahiti…
L’école de Pont-Aven ne fut pas, comme on pourrait le croire, une école consistant en un maître entouré d’élèves. C’étaient des indépendants qui apportaient en commun leurs idées personnelles et surtout la haine de l’enseignement officiel…
 »

A l’automne 1888, il reçoit une leçon gratuite de Gauguin, lorsque ce dernier lui présente son Christ jaune. Gauguin encourage Sérusier à se débarrasser de la contrainte imitative de la peinture, à user de couleurs pures, vives, à ne pas hésiter à exagérer ses visions, et à donner à ses peintures sa propre logique décorative et symbolique.

B) Carrière de Paul Sérusier, au sein du groupe constitué des « nabis »

a/ Les nabis 


Sérusier revient à Paris avec un petit tableau peint sous les directives de Gauguin, et le montre avec enthousiasme à ses compagnons, partageant ainsi ses nouvelles idées apprises de Gauguin. Le tableau est alors appelé Le Talisman. Des débats se développent entre lui et les autres étudiants.


Avec ses proches Pierre Bonnard, Maurice Denis, Henri-Gabriel Ibels et Paul-Elie Ranson, qui partagent ses idées, Sérusier forme un groupe, les Nabis (« prophète » en hébreu). Sérusier participe chaque samedi aux réunions animées des Nabis au “temple”, c’est-à-dire dans l’atelier de Paul Ranson, boulevard du Montparnasse ; il y est “le Nabi à la barbe rutilante”. Ils se rencontrent donc régulièrement pour parler de théories de l’art, de symbolisme, d’occultisme et d’ésotérisme. C’est l’époque du spiritisme et des tables tournantes. Cependant, après le départ de Gauguin pour Tahiti en 1891, les liens du groupe se relâchent et chacun prend une direction individuelle.
 [1]

b/ Sérusier et le synthétisme


Il peint des figures monumentales et solides de paysans bretons. Sa palette change, il n’utilise plus de couleurs pures, mais les rompt avec du gris.

Il passe ses hivers à Paris, travaillant avec son ami Lugné-Poe, fondateur du théâtre de l’Œuvre. Beaucoup d’artistes nabis, Sérusier inclu, travaillent aux décors et costumes du théâtre symboliste. Dans ces travaux, les artistes expriment leur idéal de simplification et de synthèse, à l’aide de plusieurs moyens d’expression. Le synthétisme mettait en valeur la synthèse des formes naturelles, de l’émotion et des notions abstraites de ligne, couleur et forme. Ces dernières étaient déformées, afin de souligner la réponse initiale de l’artiste face à son sujet. Les notions de ligne, couleur et forme étaient capitales, parce qu’elles permettaient d’insister sur les deux dimensions de la toile à la place de la scène en trois dimensions. Les concepts de rythme et d’harmonie étaient souvent utilisés pour définir les composantes de la peinture.

2ème PARTIE : analyse visuelle et descriptive

A) Le sujet traité

Egalement appelé « L’Aven au bois d’amour », on y voit effectivement un fleuve côtier de Bretagne, comme si l’on se trouvait sur un pont ou sur un bateau avec une vue plongeante sur l’eau, la rive et tous les éléments du décor qui se trouvent sur cette rive (arbres, chemin, bâtiment). L’observation du tableau permet de retrouver certains éléments du paysage représenté : le bois, en haut à gauche, le chemin transversal, la rangée de hêtres au bord de la rivière, et le moulin, au fond sur la droite.

Chacun de ces éléments est une tâche de couleur. Selon Maurice Denis, Gauguin avait tenu à Sérusier les propos suivants :

« Comment voyez-vous ces arbres ? Ils sont jaunes. Eh bien, mettez du jaune ! Cette ombre, plutôt bleue, peignez-la avec de l’outremer pur ! Ces feuilles rouges ? Mettez du vermillon !  ».

Bien que soucieux de privilégier la sensation visuelle, les impressionnistes n’avaient pas abandonné le rendu illusionniste de la nature. Ici, la conception mimétique est remplacée par la recherche d’un équivalent coloré. Maurice Denis explique que devant ce paysage, lui et ses amis se sont trouvés « libérés de toutes les entraves que l’idée de copier apportait à [nos] instincts de peintre ». La postérité verra - rétrospectivement - dans ce tableau le manifeste d’une peinture pure, autonome et abstraite, en le rapprochant de la célèbre déclaration de Maurice Denis : « Se rappeler qu’un tableau, avant que d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées » publiée seulement en...1914, dans Théories…

Paul Sérusier dit dans « ABC de la Peinture » publié en 1921 :

« La nature est l’ensemble des objets que nous révèlent nos sens… Si son art se réduisait à imiter, en les reproduisant sur un écran, les images qu’il perçoit, le peintre ne produirait qu’un acte mécanique, auquel ne prendrait part aucune des facultés supérieures de l’homme ; ce serait l’impression notée sans y rien ajouter, travail inintelligent. La nature ainsi comprise n’est plus de la peinture… »

B) Forme :

Cette petite huile a été peinte rapidement et spontanément sur le couvercle en bois d’une caissette de matériel de peinture (il a même été question d’une boîte à cigares). On peut la comparer à une autre peinture de la même année, le Tisserand breton, oeuvre conventionnelle qui a reçu une mention honorable au Salon de 1888.

Sombre, le Tisserand breton voit le jour peu avant que Sérusier ne rencontre Gauguin à Pont-Aven au cours de l’été 1888 et n’effectue une radicale mutation artistique, incarnée par le manifeste nabi qu’est Le Talisman, peint à l’automne.

C’est une nouvelle manière de peindre, une interprétation de la nature, sachant que contrairement à la photographie qui reproduit le réel, la peinture ne reproduit jamais vraiment le réel. Le Talisman se présente essentiellement sous forme de différents aplats de peinture, disposés de part et d’autre d’une ligne incurvée : la rive. Ces aplats sont juxtaposés pour reproduire, qui les frondaisons (jaune en haut à gauche ou vert en haut à droite, voire plus sombre tout à droite), qui la végétation en rouge, vert ou blanc et la maison en deux tons de bleu. Hormis ces aplats, quelques lignes verticales en bleu clair figurant les troncs des arbres, viennent rythmer le paysage. Ces différentes couleurs et lignes se retrouvent en miroir dans le reflet de l’eau de l’aven et font danser la toile, divisée au deux-tiers en deux parties : la terre et l’eau. Il s’agit d’une oeuvre de transition, dans la mesure où le haut reste figuratif et le bas devient abstrait (le flou de l’eau).

Maurice Denis parle d’« un paysage informe à force d’être synthétiquement formulé, en violet, vermillon, vert véronèse et autres couleurs pures, telles quelles sorties du tube, presque sans mélange de blanc ».

Paul Sérusier dit dans « ABC de la Peinture », publié en 1921, à propos des couleurs : « ….il convient que le peintre ne mélange pas les couleurs de la gamme chaude avec celles de la gamme froide… De cette manière, il n’y aura pas de mauvais mélanges ; donc pas de perte de lumière… »

La couleur est là pour rendre compte d’un paysage : c’est au spectateur de se saisir de cette abstraction de la nature qui passe par la couleur. L’héritage de Gauguin est très important : on peut utiliser des couleurs qui n’appartiennent pas à la réalité.

CONCLUSION interprétation du sens de l’oeuvre

Pourquoi cette petite huile a-t’elle fait date et en quoi nous intrigue t’elle toujours ?

Il faut nous replacer dans le contexte de cette fin du 19ème siècle pour comprendre le côté révolutionnaire de cette petite toile. La première exposition impressionniste a fait scandale en 1874 et les réactions des critiques et du public ont été violentes. Les années suivantes n’ont pas été plus faciles pour ceux qui voulaient rompre avec la tradition. Ce vent de révolte, dont parle Sérusier, se propage pourtant et sa rencontre avec Paul Gauguin vient à point nommé pour le conforter dans sa volonté de tourner le dos à l’académisme. Pourtant, c’est loin d’être facile ! Paul Sérusier écrit dans un courrier, daté de 1889, adressé à Maurice Denis [2] :

«  D’abord j’aurai un poids de moins sur la conscience, j’aurai demandé pardon au maître Gauguin de ne pas l’avoir compris dès l’abord… Il me semble pourtant maintenant que je tiens la voie, le difficile est d’oeuvrer… ».

Arrivera-t’il à creuser ce chemin qu’il s’est ouvert au bord de cet « Aven au bois d’amour » ? Le Talisman sera-t’il le premier d’une série, tel qu’il l’entrevoit, bien des années plus tard, dans des notes de cours à l’Académie Ranson, où il enseigne [3] :

« … Je suis content de l’opinion de l’inspecteur : « C’est sauvage, mais c’est de l’Art. » Gauguin aurait prononcé cette phrase pour se défendre : « Si vous ne savez pas parler correctement, parlez nègre, mais dites quelque chose »… Le mot « Presque » ne doit pas exister en Art. Pas de compromis. »

Durant toute sa vie, il effectuera des recherches que ce soit au niveau des couleurs ou de la forme, afin d’atteindre « le beau ». En 1895, il est enthousiasmé par la doctrine de moines-artistes qui pensent que les lois de la beauté seraient divines, mystérieusement cachées dans la nature, et ne pourraient être révélées qu’aux artistes possédant un sens des proportions et de l’harmonie des formes. Il tente d’en convaincre ses amis, mais ces principes ne rencontrent pas le succès escompté et Sérusier prend de la distance envers ses anciens amis. Il développe un art reposant sur le calcul et les mesures, une théorie des courbes, des formes simples et des couleurs et une méthode de recherche des couleurs sourdes [4] :

« … Réaliser : c’était le rêve de Cézanne, et lui-même, en une longue vie de travail, n’a pas réalisé. Gauguin non plus. les modernes encore moins… Bien souvent je regarde des reproductions des oeuvres de Cranach, de Durer, d’Holbein. C’est vers cette forme d’art que je voudrais aller. »

Malheureusement, toutes ces recherches ne seront pas accompagnées par des oeuvres qui resteront dans les mémoires et il faudra toute l’énergie de Madame Paul Sérusier, afin que son époux ne tombe dans l’oubli après son décès prématuré en 1927. Bien que ses toiles soient remarquables (voir annexes), elles ne répondent pas à l’attente d’une suite à l’« Aven au bois d’amour ». Ce Talisman, danse sur l’eau prophétique, n’a pas tenu toutes ses promesses, mais restera néanmoins une oeuvre qui date, puisqu’elle est unique.

Bien qu’il n’ait pas hésité à se débarrasser de la contrainte imitative de la peinture, à user de couleurs pures, vives, pourquoi Paul Sérusier n’a-t’il pas osé continuer à « exagérer ses visions et à donner à ses peintures sa propre logique décorative et symbolique » ?

BIBLIOGRAPHIE

Frédéric BIGO et Gilles GENTY « De Gauguin aux nabis : le droit de tout oser », catalogue de l’exposition, Musée de Lodève - 2010

Albert KOSTENEVITCH « Les nabis », Collection Art of Century, Ed. Parkstone Press International, New-York, USA - 2009

« L’aventure de Pont-Aven et Gauguin », catalogue de l’exposition sous la direction d’André CARIOU, Musée du Luxembourg, Ed. Skira - 2003

« NABIS 1888-1900, Bonnard, Vuillard, Maurice Denis, Vallotton… », catalogue de l’exposition, Ed. RMN - 1993

« Du symbolisme à l’expression - XIXe et XXe siècle », 15ème vol. dans la collection dirigée par Jacques LASSAIGNE « La grande histoire de la peinture », Ed. d’art Albert Skira (2ème éd.) - 1976

Paul SÉRUSIER « ABC de la Peinture - Ecrits d’artistes », 1921 (1ère éd. : La Douce France et Henri Floury), 2ème éd. avec une Etude sur la Vie et l’Oeuvre de Paul Sérusier : Librairie Floury, 1942

IMAGES

Portrait de Michel-Eugène CHEVREUL (photographie de Nadar en 1886)

Portrait de Paul SÉRUSIER (photographie de 1890)

Paul SÉRUSIER « Le Tisserand breton », huile sur toile - 1888, Musée d’Art et d’Archéologie, Senlis, France

Paul SÉRUSIER « Le Talisman », huile sur toile - 1888, Musée d’Orsay, France

Paul SÉRUSIER, « Louise ou la servante bretonne », huile sur toile - 1890, Musée départemental Maurice Denis « Le Prieuré », Saint-Germain-en Laye)

Paul SÉRUSIER, « Eve bretonne ou Mélancolie », huile sur toile - 1890, Musée d’Orsay, Paris

Paul SÉRUSIER « L’averse » huile sur toile - 1893, Musée d’Orsay, Paris

Paul SÉRUSIER "L’Incantation ou Le Bois Sacré" 1914, Musée des Beaux-Arts, Quimper, France


[1Le Mag du Grand-Palais : «  l’art des Nabis, avec sa juxtaposition de plans colorés aux valeurs très contrastées, n’aura de cesse que d’affirmer sa planéité. Qu’il s’agisse de la tendance mystique (Denis, Sérusier, Ranson), marquée par les primitifs toscans et l’art byzantin, ou de la tendance moderne (Bonnard, Vallotton, Vuillard), inspirée par les estampes japonaises et la photographie, tous contribuent à réinventer un langage plastique qui marquera durablement les esprits et contribuera à l’émergence des avant-gardes du début du XXe siècle, le fauvisme notamment. »

[2CORRESPONDANCE dans « ABC de la Peinture - Ecrits d’artistes », 1921 (1ère éd. : La Douce France et Henri Floury), 2ème éd. avec une Etude sur la Vie et l’Oeuvre de Paul Sérusier : Librairie Floury, 1942

[3EXTRAITS DE LETTRES A DES ELEVES ET NOTES DE COURS dans « ABC de la Peinture - Ecrits d’artistes », 1921 (1ère éd. : La Douce France et Henri Floury), 2ème éd. avec une Etude sur la Vie et l’Oeuvre de Paul Sérusier : Librairie Floury, 1942


[4ABC de la Peinture - Ecrits d’artistes », 1921 (1ère éd. : La Douce France et Henri Floury), 2ème éd. avec une Etude sur la Vie et l’Oeuvre de Paul Sérusier : Librairie Floury, 1942

 

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