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Home Insurance Building, Chicago (1884-1885)

D 4 décembre 2015     H 08:07     A Béatrice Louys, Jérôme Lottmann     C 0 messages


Introduction

Le Home Insurance Building est un immeuble de bureaux, construit par William Le Baron Jenney à Chicago (dans l’état de l’Illinois aux Etats-Unis) en 1885, dans le cadre d’un projet de reconstruction après le fameux incendie qui a ravagé la ville de Chicago entre le 8 et le 10 octobre 1871. William Le Baron Jenney (1832-1907) est un architecte et ingénieur américain, qui a été élève à l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures à Paris entre 1853 et 1856, en même temps que Gustave Eiffel (Promotion 1852-1855).

Le nom même de cet immeuble indique qu’il s’agit d’un ouvrage d’ordre privé, commandité par une compagnie d’assurances, la Home Insurance Company, pour y loger ses bureaux. Il était situé dans le quartier des affaires de Chicago, surnommé The Loop (« la boucle »), centre historique et névralgique de la ville, qui représente une partie de Downtown Chicago (ou Central Chicago) en bordure du lac Michigan et de la rivière Chicago. Il a été démoli en 1931 pour être remplacé par le Field Building.

À la fin du XIXe siècle, sa taille était considérée comme phénoménale : il comportait dix étages, formant un ensemble de 42 mètres de hauteur, puis douze en 1890, allant jusqu’à 55 mètres de haut. Il est considéré comme le premier gratte-ciel de l’histoire de l’architecture. On peut se demander pourquoi, dans la mesure où un autre bâtiment plus haut a été construit, encore plus tôt, dans la ville de New York : le ‘New York Tribune Building, dessiné par Richard Morris Hunt en 1875, haut de 79 mètres, démoli en 1966 ?

Pour répondre à cette interrogation, nous allons voir dans un premier temps le contexte historique et l’élaboration du projet, avant de nous pencher sur l’analyse architecturale du bâtiment : qu’est-ce qu’un gratte-ciel ? En quoi le Home Insurance Building peut-il être considéré comme le premier gratte-ciel ?

Contexte historique et élaboration du projet, par Béatrice Louys

1a) Histoire et situation de Chicago

Là où le fleuve Chicago se jette dans le lac Michigan, est fondé le fort Dearbon en 1808. En 1830, quelques pionniers s’établissent autour de cette position, qui se donne la forme de ville par une opération géométrique et économique, selon la tradition américaine, lotissant en petits carrés réguliers. Etant orientée de telle façon qu’elle peut s’étendre à volonté (les rues d’origine étant simplement prolongées), la ville s’étend peu à peu (voir vue aérienne de 1898 ci-dessus). Véritable « ville champignon » grâce à l’afflux d’immigrés en provenance d’Europe et à l’arrivée du chemin de fer, elle se développe de manière spectaculaire, passant de 300 000 habitants en 1870 à 1 200 000 en 1891, puis 1 700 000 en 1900.

Le grand incendie de Chicago, qui a lieu du 8 octobre au 10 octobre 1871, a fait des centaines de victimes et détruit dans leur totalité de nombreux quartiers du centre, parce que la plupart des maisons étaient construites en bois suivant un système modulaire, connu sous le terme de « balloon frame » et que le commerce du bois y était florissant.

Bien que l’incendie soit une des plus grandes catastrophes survenues au XIXe siècle aux Etats-Unis, la reconstruction, qui commença immédiatement après, permit à Chicago de mieux se développer d’un point de vue économique et de devenir une des villes les plus peuplées d’Amérique du Nord (elle compte actuellement près de 3 millions d’habitants). Cela a aussi permis l’émergence d’une nouvelle approche de la construction d’immeubles, afin de réduire les coûts liés à l’augmentation du prix des terrains. Il fallait trouver un moyen pour se protéger en même temps de l’eau (surélévation) et du feu (ossature d’acier et non plus de bois), ce moyen devait être rapide, solide, facile d’assemblage.

D’autres facteurs tels que la croissance démographique, la surpopulation, la croissance rapide des villes aux États-Unis, la forte demande de logements et les valeurs foncières élevées ont significativement influencé la décision de commencer à construire les premiers bâtiments à la recherche des cieux, appelés « sky-scrapper » dès 1891. Dans un terrain de petite taille, de nombreux étages ont été répétés en hauteur, afin de tirer le meilleur parti de l’espace. Les architectes et les ingénieurs ont été motivés pour penser à une nouvelle forme de planification urbaine : les immeubles de grande hauteur.

1b) Le projet - L’école de Chicago

En 1883, la Home Insurance Company (Compagnie d’assurance privée) se compose de sièges distinctifs et souhaite un bâtiment qui allait devenir son siège principal, pouvant accueillir la plupart de ses employés, ainsi que l’emblème de son activité. Ce bâtiment commercial de bureaux devait être constitué de grands espaces ouverts, qui facilitent le travail des employés. La compagnie lance donc un concours d’architectes. La parcelle, sur laquelle sera construit le nouveau siège de la Home Insurance Company, est située sur le coin de la rue Adams et de la rue La Salle dans le Chicago Loop. En raison de la proximité du lac Michigan, Chicago subit le facteur négatif d’avoir un sol argileux (le nom de la ville proviendrait du mot d’origine indienne « sikaakwa » déformé en « Chécagou » ou « Checaguar », qui signifie « marécage »). Construire les premiers bâtiments de grande hauteur a entrainé l’obligation de perfectionner les systèmes de fondation et d’utiliser des caissons. Le Home Insurance Building est construit entre le printemps 1884 et l’automne 1885. Ce projet s’inscrit dans un programme d’aménagement urbain bien plus vaste.

Un nouveau style architectural voit le jour, appelé « école de Chicago » , dans lequel un groupe d’architectes et d’ingénieurs proposent des solutions similaires pour construire une nouvelle métropole par la construction de bâtiments de grande hauteur. Le style de l’école de Chicago, aussi connu comme « style de commerce », a été basé sur la création de bâtiments sur structures métalliques et pour une fonction bien précise. Les fenêtres peuvent varier en taille, lorsqu’on le souhaite, et les murs épais de maçonnerie, qui limitent considérablement l’espace, sont éliminés. Les surfaces lisses et l’absence d’ornementation sur les murs étaient une autre caractéristique de ce style. À la fin du XIXe siècle, se produit à Chicago une révolution en terme de construction de bâtiments de ce type sur la base de l’armature en acier caractéristique, pour une utilisation à la fois résidentielle et de bureau. L’expression « école de Chicago » qualifie collectivement les protagonistes de cette aventure. La première génération ou « première école de Chicago », qui travaille immédiatement après l’incendie, comprend des ingénieurs de valeur, dont William le Baron Jenney, l’architecte du Home Insurance Building.

1c) William le Baron Jenney : son oeuvre, son influence

William le Baron Jenney (1832-1907) est d’abord un ingénieur, avant d’être un architecte. Il avait déjà travaillé avec de la fonte dans le First Leiter Building, construit également à Chicago fin 1879 (voir image ci-dessous), et de ce fait a été le vainqueur de la compétition avec sa proposition innovante, en concevant un bâtiment entièrement basé sur un châssis en acier.

Né le 25 septembre 1832 à Fairhaven dans le Massachussets, il meurt le 14 juin 1907 à Los Angeles en Californie. Entre 1853 et 1856, Le Baron Jenney est formé à l’Ecole Polytechnique ou Ecole Centrale des Arts et Manufactures de Paris. Il participe à la Guerre de Sécession comme major du génie militaire et ouvre son bureau à Chicago en 1868 avec S.E. Loring. En 1869, il publie une série de planches Principles and Practice of Architecture et enseigne l’architecture à l’université du Michigan de 1876 à 1880.

Daniel Burnham (1846-1912), architecte de la deuxième école de Chicago faisant partie de son étude, disait de lui : « le principe de soutenir l’édifice entier par une ossature métallique soigneusement équilibrée, rendue solidaire et ignifugée, est l’oeuvre de William Le Baron Jenney. Personne ne l’a précédé dans ce domaine et c’est à lui que revient tout le mérite de cette prouesse d’ingénierie, qu’il a été le premier à accomplir. ». Ce principe est appliqué pour la première fois dans le First Leiter Building en 1879, pour la deuxième fois en 1885, avec une plus grande cohérence, dans le Home Insurance Building, considéré comme le premier édifice de Chicago pourvu d’un squelette métallique complet : Jenney a 53 ans.

Il réalisera ensuite le Second Leiter Building et le Fair Building en 1889, puis le Manhattan Building en 1890. En 1892, il construit le Ludington Building, le plus ancien bâtiment à charpente d’acier encore existant de la ville de Chicago, appelé le Chicago Landmark depuis 1996.

Les contemporains de Jenney ont de plus grandes ambitions artistiques et s’efforcent d’éliminer les références aux styles historiques ; ils n’ont toutefois pas la cohérence qui les conduirait à l’invention structurale. Cette première « école de Chicago », incarnée par Jenney, portera son empreinte sur la deuxième vague d’architectes, dont font partie, notamment, Louis Sullivan (1856-1924) et Dankmar Adler (1844-1900), qui construisent le Wainwright Building en 1891 à Saint-Louis dans le Missouri (voir croquis ci-contre), ainsi que Frank Lloyd Wright (1867-1959), qui bâtira plus de 300
édifices dans sa longue carrière.

Analyse architecturale, par Jérôme Lottmann

2a) Observation extérieure

A première vue, il s’agit d’un bâtiment rectangulaire à l’aspect massif, souligné verticalement et horizontalement et reprenant des éléments classiques, aux étages présentés de manière hétérogène. L’entresol et le rez de chaussée sont présentés à la manière d’un piédestal à revêtements de pierres blanches à bossages, et pour le reste de la construction de briques rouges, le tout masquant l’ossature de fer, d’acier et de béton. Cette dernière est divisée par des corniches filantes sur les façades entre le 5e et 6e étage et entre le 7e et 8e étage. Le tout était coiffé originalement d’une corniche sur le 8e étage. Cette dernière fut supprimée lors du rehaussement du bâtiment, laissant la place à une corniche filante moins marquée, les 9e et 10e étages constituant un nouveau registre surmonté d’une corniche imposante.

Avant 1890

Après le rehaussement de 1890

La structure d’acier auto-portante a permis d’ouvrir de grands panneaux vitrés sur la façade. Les sources lumineuses sont donc importantes grâce aux 580 fenêtres de l’édifice. Ces fenêtres sont à guillotine, combinées avec des panneaux fixes, qui sont communément connues sous la terminologie de « fenêtres de Chicago ».

Elles sont rectangulaires à l’exception de celles du rez-de-chaussée (à arc surbaissé) et du 8e étage (originellement dernier étage), qui sont en plein cintre. Les grands espaces vitrés sont à la base de ce qui allait devenir le « mur-rideau ». De nombreuses jalousies et stores réglables ont également été installés pour la protection de la façade et du soleil.

Avec ce système de construction innovant conçu par Jenney sur un squelette d’acier, on peut gagner plus d’espace utilisable à l’intérieur du bâtiment, tout en permettant une meilleure ventilation et un meilleur éclairage à l’intérieur pour le bien-être de ses occupants . Verticalement, la façade est divisée en trois parties, une centrale plus étroite et de part et d’autre deux parties identiques. Cette étude de la façade fait apparaitre, par la massivité de piliers frontaux, un corps central marqué par un porche à doubles colonnes surmonté d’un balcon imposant et de communs.

La description extérieure est quasi identique sur la deuxième façade sur le petit côté, hormis pour la double colonnade du porche et le balcon au-dessus du porche.

2b) Observation intérieure

Nous pénétrons dans le bâtiment par une entrée monumentale en ravalement de façade, marquée par les doubles colonnes, ce qui nous conduit dans un hall central où se situe l’escalier d’honneur, qui communique avec tous les étages. En face de l’entrée, se situent quatre ascenseurs desservant tous les étages. De part et d’autre de ce hall, deux grandes salles au plafond soutenu par des colonnes de support, qui se retrouveront au même emplacement dans les étages supérieurs.

Aux étages supérieurs, nous observons toujours un espace central de circulation, desservi par des corridors menant aux pièces fonctionnelles du bâtiment, essentiellement des bureaux et des salles de réunion.

Ci-dessous, Plan du Home Insurance Building sur le rez-de-chaussée et deux étages :

2c) Un des premiers gratte-ciel

En raison de l’architecture unique de la construction et du support de palier de poids unique, le Home Insurance Building constitue un des premiers gratte-ciel dans l’Histoire. Ce n’est pas dû à sa hauteur imposante de 42 m, puis de 55 m, inférieure aux flèches des cathédrales gothiques ou du Phare d’Alexandrie, mais à plusieurs éléments novateurs qui font du bâtiment le prototype de la conception moderne des immeubles.

- Une ossature en acier supportant le poids du bâtiment
Il a été le premier bâtiment à utiliser de l’acier structurel dans son cadre, mais la majorité de sa structure était composée de fonte et fer forgé. Il a été le premier grand bâtiment à être soutenu, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, par un cadre métallique ignifuge.

Jusqu’à présent, les immeubles et les constructions étaient supportées par les murs externes, ce qui les rendait massifs. L’accroissement démographique rapide que connait Chicago et les grandes villes américaines rendent le prix des surfaces habitables exorbitants. Avant l’invention de l’automobile, les mobilités sont réduites et l’énorme banlieue enserrant la ville n’existe pas. Il faut construire en hauteur, à des niveaux où le poids des bâtiments est important.
Avec William Le Baron Jenney, vient un nouveau dispositif : ce sera une charpente métallique en acier, et non plus les murs extérieurs, qui portera le poids de l’édifice.
La charpente n’est plus en bois pour diminuer l’impact des incendies. La structure d’acier auto-portante est bordée de terre cuite comme protection contre l’incendie . Les différents étages de bureaux ont été bordés par des murs de briques couverts de terre cuite et du plâtre au plafond.
Reposant sur des bases en granit, l’ossature d’acier est la première à être montée. Le poids est redistribué sur l’ensemble du bâtiment par les piliers de support remplis de béton, un mur de briques extérieur et non les quatre. Les murs extérieurs sont au fur et à mesure fixés sur la structure. Ceci permet, outre de diviser par trois le poids total de l’édifice par rapport à une construction reposant sur des murs porteurs, la possibilité de créer des espaces vitrés plus importants, l’idéal pour la fonction du bâtiment ainsi que la course à la plus haute construction, nécessitant par commodité pratique la pose de nouveaux éléments.
La démolition du bâtiment n’a pas été faite par des explosifs, puisque la structure en acier peut être démontée à partir du haut en toute sécurité, évitant ainsi d’éventuels dommages aux bâtiments environnants. En outre, l’acier peut être par la suite recyclé et réutilisé, par exemple dans un bâtiment neuf.

- L’ascenseur d’Otis
La montée des étages sans utiliser les escaliers est rendue possible par le développement des ascenseurs mécaniques. Se basant sur le système du treuil et de la poulie, il est en usage depuis des siècles, mais il est mécanisé à partir de 1829.

Faisant appel à la vapeur, l’invention de l’ascenseur muni d’un système de freinage d’Otis en 1864 et actionnée hydrauliquement en 1870 grâce à Baldwin, va se généraliser dans les immeubles de travail et les résidences luxueuses.
Dans le Home Insurance Building, ils seront installés dans l’espace central de circulation. L’ascenseur permet en outre de marquer la position sociale, le 10e étage étant originalement le plus élevé, il abrite le service de direction.

- l’ampoule électrique

La transformation sociale développe les notions de périodes de travail et donc de productivité optimale. Est donc rendue nécessaire la présence d’un éclairage important. Les progrès dans la connaissance de la diffusion de l’électricité entrainent un changement. A la place des becs de gaz, Thomas Edison fait breveter en 1879 la première ampoule électrique à incandescence qui brûle pendant 45 heures, tout en assurant une lumière importante. Ces dernières couvrent alors les villes d’Amérique, à l’intérieur comme à l’extérieur des édifices. Le Home Insurance Building est ainsi éclairé à l’électricité.

Conclusion

Qu’est-ce qu’un gratte-ciel ? Le terme de gratte-ciel, qui apparait en 1911, est une traduction de l’anglais « sky scrapper », apparu en 1891, et provient du vocabulaire maritime : c’était le nom donné au plus haut des trois-mâts qui abordaient New-York en provenance de Liverpool.
Est-ce que le Home Insurance Building est un gratte-ciel et si oui, est-il le premier de l’histoire de l’architecture ? La plus importante caractéristique de cet immeuble est que ce fut le premier à comporter une structure de métal pour le soutenir. S’il avait été construit entièrement en pierre, il aurait pesé plus de trois fois son poids. Aujourd’hui, la hauteur finale de cet immeuble peut sembler ridicule, si l’on considère les grandes avancées technologiques qui ont eu lieu tout au long du XXe siècle et au début du XXIe siècle. Toutefois, à Chicago et New York, la construction des premiers bâtiments était un exploit et une percée technologique, marquant un âge d’or en terme de planification urbaine des deux villes et jetant les bases de ce qui allait devenir le Bauhaus, une école de design, d’art et d’architecture (Le Corbusier, Mies van der Rohe et Philip Johnson , entre autres). Le principe de conception « la forme suit la fonction » a jeté les bases du style international, qui se traduit par la deuxième école de Chicago. Au vu de tous ces éléments, on peut donc conclure que le Home Insurance Building est un gratte-ciel.

Les premiers architectes de cette école ont créé, par leurs œuvres et par leur influence, un modèle de développement urbain qui a caractérisé toutes les villes américaines au XXe siècle. Il est difficile de dire quel fut le premier gratte-ciel de l’Histoire, certains disent qu’il s’agit du New York Tribune Building, dessiné par Richard Morris Hunt (New York, 1875, 79 mètres), dont croquis ci-dessus, d’autres affirment qu’il s’agit plutôt du Home Insurance Building.

Ce qui ne fait aucun doute en revanche, c’est le grand mouvement de construction de gratte- ciel à New York dès la fin du XIXe siècle. Avec la construction du New York World Building (1890 - 94 mètres), New York commence son développement en matière de gratte- ciel. C’est une course au plus haut building qui commence : Manhattan Life Insurance Building (1894 - 106 mètres), le Park Row Building (1899 - 119 mètres), puis la Metropolitan Life Tower franchit la barre des 200 m en 1909, mais est finalement dépassée par le Woolworth Building (1913 - 241 mètres). Le mouvement se poursuit après la Première Guerre Mondiale par le 40 Wall Street, mais surtout par le Chrysler Building, puis l’Empire State Building qui atteint 381 mètres en 1931. Arrêté par la crise économique des années 1930, le mouvement de construction de gratte-ciel reprend dans les années 1960 à New York et à Chicago et, à un moindre niveau, dans d’autres villes du monde. Le World Trade Center— (New York) devient le plus haut gratte- ciel du Monde en 1973 avec 417 mètres, il est dépassé en 1974 par la Willis Tower, anciennement connue sous le nom de Sears Tower, à Chicago, qui mesure 442,3 m. C’est une véritable bataille entre ces deux villes.

Les nouvelles techniques et inventions révolutionnent l’art de bâtir. Des simples 10 étages, les constructions atteignent rapidement 30, 50, 100, puis 200 étages, lors du dernier grand chantier que fut la Burj Khalifa de Dubaï, achevé en 2008. La Kingdom Tower (Tour du Royaume), en construction au bord de la Mer Rouge à Djebbah en Arabie Saoudite, doit atteindre les 1001m de haut. Le vitrage des bâtiments s’accroît face à leurs poids total. Le Home Insurance Building est le premier d’une succession d’immeubles allant sans cesse plus haut, chacun adoptant l’emblème de la modernité et d’un monde en perpétuel développement démographique, social et économique.

Bibliographie

BENEVOLO, Léonardo. Histoire de l’architecture moderne. Tome 1 : La révolution industrielle, Dunod, 1979.

CORNILLE, Didier, Tous les gratte-ciel sont dans la nature, Hélium, 2013.

LOYER, François. Histoire de l’architecture française. De la Révolution à nos jours. Paris, Mengès, éditions du patrimoine, 1999.

SULLIVAN, Louis. Form follows function. De la tour de bureaux artistiquement considérée. Editions B2, Collection Fac similé, 2011.

Liens

http://www.officemuseum.com/office_buildings.htm

http://www.studyblue.com/notes/note/n/lecture-17-the-skyscraper/deck/6543732

http://fponsolle.wordpress.com/2010/03/16/ecole-de-chicago-suite/

http://en.wikipedia.org/wiki/Second_Leiter_Building?uselang=fr

http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%A9lectricit%C3%A9#mediaviewer/Fichier:Edison_bulb.jpg

http://fr.wikipedia.org/wiki/Architecture_à_Chicago

http://fr.wikipedia.org/wiki/Architecture_aux_États-Unis

http://fr.wikipedia.org/wiki/École_de_Chicago_(architecture)

 

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