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Eglise Saint-Léger à Guebwiller

D 22 novembre 2016     H 22:32     A Béatrice Louys     C 1 messages


Diaporama

 

1 Introduction

2 Située dans la ville Haute de Guebwiller, l’église Saint-Léger est une église paroissiale, encore aujourd’hui. Construite en grès rose, dans un style roman tardif, elle date du XIIe siècle, entre 1182 (date de fondation dans la Chronique des Dominicains) et 1230/35.

3 Situation de Guebwiller dans le Haut-Rhin, à égale distance de Colmar et de Mulhouse (environ 25 km)

4 Situation de Guebwiller (ville moyenne de 11 000 hab. env.) dans le canton (chef-lieu du canton), dans la même vallée des Vosges alsaciennes que Murbach et Lautenbach.

5 Quelle est la particularité de cette église romane du XIIe siècle ?

6 Plan : historique, puis promenade architecturale et enfin, état de la recherche.

7 1ère partie : Historique

8 Histoire de Guebwiller, en étroite corrélation avec celle de l’

9 abbaye de Murbach : en effet, en ces temps des Hohenstaufen, Guebwiller appartient à la principauté de l’abbaye bénédictine de Murbach, seulement éloignée de 5km.

10 Guebwiller a une très longue histoire, qui remonte au 8e siècle.

Dans un acte de donation du 10 avril 774 en faveur de l’abbaye de Murbach, il est question d’un simple domaine agricole, Villa Gebunvillare : le domaine qui recueille les eaux, les alluvions (gab-on) ou bien le domaine de Gebun ou Gebo (l’ami qui donne : giban-win).

La ville médiévale se développe autour de l’église : Gebvilla, Gebenwilr, Gebweiler, Guebwiller et en alsacien Gawiller.

11 L’épisode le plus emblématique de cette étroite histoire commune est l’assaut en février 1445 des Armagnacs, également appelés Ecorcheurs (Schinder en alsacien), envoyés par le dauphin de France, futur Louis XI, dans son combat contre les confédérés suisses. Cette attaque est déjouée grâce à l’intervention de Bridt Schickhin, qui aurait eu l’idée de jeter de la paille enflammée sur les assaillants du haut de l’enceinte fortifiée construite entre 1270 et 1285 (voir 8), avec ses 11 tours et 3 portes. D’où la légende de l’apparition de la Vierge, que les soudards auraient confondu avec Brigitte, la citoyenne de la ville. Les échelles de corde et pliante, abandonnées par les assaillants au bas des murailles, sont accrochées dans le bas-côté Sud de l’église.

12 Pour finir avec l’histoire de Guebwiller au MA, à signaler le blason de la ville, « D’argent au bonnet albanais de gueules rebrassé d’azur. » datant du 16e siècle et figurant un bonnet rouge et bleu. Selon une légende, il ferait référence à la venue de populations albanaises, arrivées pour travailler dans les vignes.

13 Histoire de l’église à partir du 8e siècle. Pourquoi Saint Léger ?

Tout simplement, parce que c’est le saint patron de l’abbaye de Murbach, dont l’abbatiale porte également le nom. Cet aristocrate du 7e siècle, issu d’une famille des bords du Rhin en Austrasie, est un homme politique influent, né vers 615 et mort en 677 ou 678, évêque d’Autun, puis saint martyr après avoir été aveuglé et décapité par son cruel ennemi juré Ebroin, maire du palais de Neustrie.

14 Leodegard, en latin Leodegarius, est la francisation du germanique Leudgari, de « leud » (« peuple », « gens ») et « gari » (« lance »), ce qui signifierait donc « lance du peuple ». Cette dénomination s’applique merveilleusement à l’histoire de l’église, appelée au fil de la grande Histoire et en fonction des annexions : Sanctus Legerius... Sankt Leodegar… et enfin Saint-Léger. 


15 En effet, il s’agit bien d’une église du peuple, pour le peuple, dont les plans successifs montrent l’évolution : 
- carolingien : nef unique de forme rectangulaire, recouverte d’un plafond charpenté, dont le choeur est délimité par une structure en bois 
- ottonien : 2ème église, un peu plus grande, avec chevet plat (+ 5,80m) et clocher-porche (+ avec 6,20m) 
- roman : 3ème église à peine plus grande, avec chevet plat également 
- adjonctions gothiques : abside polygonale épaulée par 6 contreforts au 14e siècle et 2 bas-côtés au 16e siècle. Sacristie au 17e siècle.


Cet édifice séculier, dont le clergé dépend de l’évêché de Bâle, est le pendant de l’Eglise des dominicains née dans l’esprit d’une vie régulière.

16 Couvent des Dominicains de Guebwiller, situé dans la ville Basse et datant du début du 14e siècle, donc plus tardif.

17 Édifiée à partir de 1182 par Conrad d’Espach, abbé de Murbach, et achevée entre 1230 et 1235, elle a failli disparaitre vers 1820, suite à la construction dans la ville basse de l’église Notre-Dame au 18e siècle, nouvelle église paroissiale de style baroque. Plus à la mode et état de délabrement. Pas de nom de maitre d’oeuvre ou de tailleur de pierre, mais 16 ouvriers ont gravé leur sigle dans les pierres de la tour centrale.

18 2ème partie : Promenade architecturale

19 Première approche globale : depuis la façade occidentale, on se rend compte des volumes massifs très impressionnants selon les jeux de lumière et de son ancrage puissant dans le paysage. Large de 20m et longue de 53m, l’église suit un plan en croix latine difficilement reconnaissable du fait des différents ajouts.

20 Certains parlent d’une nef à 3 vaisseaux, malgré l’ajout ultérieur de bas-côtés supplémentaires de part et d’autre, d’autres d’une nef à 5 vaisseaux, si l’on inclue ces bas-côtés. 

21

En passant par la façade latérale Sud, on voit que Saint-Léger de Guebwiller se présente comme un édifice de type basilical : un porche surmonté de 2 tours symétriques en façade, une nef à 3 travées carrées doubles flanquée de 2 bas-côtés, un transept saillant de 3 travées carrées avec tour octogonale sur la croisée, un chœur composé d’une travée barlongue, fermé par une abside à 5 pans. A chaque travée de la nef, correspondent deux travées des collatéraux.

22 en tournant autour du chevet, on peut admirer les ajouts gothiques ultérieurs, tels l’abside pentagonale et les bas-côtés extérieurs, avant de revenir devant le portail ; mais, comme le dit Alexandre Meichler, « l’esprit reste roman  ». Roman tardif ou gothique naissant ?

23 Au-dessus du porche ouvert sur les trois côtés, également appelé « paradis », se trouve la chapelle Saint-Michel, caractéristique on ne peut plus carolingienne. Le tympan du portail représente, de manière fruste, trois figures trônant frontalement et sobrement : le Christ au centre, tenant l’Evangile d’une main et bénissant de l’autre, la Vierge couronnée à dextre et saint Léger ou saint Jean à senestre (ces deux derniers personnages étant souvent contestés). Deux têtes très expressives et bien plus travaillées sont sculptées sur les coussinets, tels des atlantes aux deux extrémités du linteau.

24 L’ornementation est caractéristique du roman alsacien, par exemple le portail à 3 ressauts, pris entièrement dans l’épaisseur du mur, avec des motifs géométriques, tels dents de scie et palmettes, rinceaux et entrelacs. Les trois fines colonnes des ébrasements sont l’une cannelée, l’autre torsadée et la troisième lisse. Leurs chapiteaux ainsi que les voussures de l’archivolte sont sobrement décorées de figures et de motifs végétaux, notamment les trois petites têtes des voussures.

25 L’élévation intérieure est à deux niveaux : deux grandes arcades par double travée, surmontées d’une fenêtre haute, avec alternance des supports, forts et faibles. L’arc brisé et le voûtement d’ogive est partout, avec quelques persistances de l’arc en plein cintre. Le choeur gothique, légèrement surélevé, est éclairé par 5 hautes baies à 3 lancettes, décoré de vitraux et peintures murales relatant la vie du saint patron. Les stalles offertes par l’abbé de Murbach au 18e siècle proviennent de l’église des Dominicains d’Engelporten. Cet ensemble contraste grandement avec le reste de l’architecture et du décor.

26 A noter la chapelle Saint-Michel, superbement rénovée, avec ses trois baies en plein cintre, sa tribune et sa rampe en fer forgé. 


27 La coupe longitudinale, datant du 19e siècle, permet de situer ces différentes parties, ainsi le choeur reconstruit après un incendie au 16e siècle.

28 Quelques détails mystérieux à l’extérieur :

  • Un exemple : sculpture à l’angle du pignon du bras du transept Sud, qui ne serait pas un homme happé par une créature monstrueuse, mais au contraire, un homme capable de se dégager du malin, grâce aux Ecritures.
  • Les quatre personnages, assis à la base de la tour de croisée du transept « sur les glacis triangulaires qui recouvrent les trompillons" sont des "marmousets". Exécutées entre 1182 et 1200, ces statues en ronde bosse font l’objet de maintes hypothèses : personnification des vices, représentations des 4 vents, des 4 éléments ou des 4 saisons (VLD)... Robert Will ne se satisfait d’aucune des hypothèses avancées. Quant à Freddy Raphaël, il pense que l’un d’eux (celui à la bourse pleine) est un juif, un usurier. Donc, au S-E, un homme imberbe tenant une bourse ; au N-E, un homme à barbe courte, tenant un gobelet ; au N-O, un homme retenant la cordelière de son manteau, dont la statue a perdu la tête ; au S-O, un vieillard caressant sa barbe. 



Autre hypothèse bien moins étudiée : l’homme dans 4 étapes de sa vie

    • un homme au début de sa vie active = la bourse est vide ;
    • un homme ayant bien rempli sa vie = la bourse est pleine ;
    • un homme qui découvre les Ecritures ;
    • un homme qui a fini sa reconversion, avec barbe et genou découvert de l’initié.

29 En tant que transition avec la partie « Recherche », je vous propose d’évoquer le cadran solaire, situé sur le côté Sud de la tour occidentale Sud. Extrait de « Chronique : Les monuments », in Revue d’Alsace, 77e année, t. 73, 1926, p. 287 : « La belle église St.-Léger de Guebwiller a été, depuis la guerre, l’objet d’une restauration complète, intérieure et extérieure. Murailles, voûtes, vitraux, orgues, cloches, autels, tout a été l’objet de soins empressés et intelligents. Au cours de la restauration du cadran d’horloge de la tour sud, on a retrouvé, tout autour, les restes de deux anciens décors superposés. Le plus ancien, datant peut-être de 1787, comportait essentiellement les armoiries de Guebwiller et de Murbach. On dut, à la Révolution le recouvrir d’un badigeon et on lui superposa d’autres emblèmes : au-dessus du cadran, une banderole avec l’inscription « Frey leben oder sterben », une épée et une palme entrecroisées, et des rosaces qui furent peut-être des cocardes ; au-dessous, la date « Im dritten Jahr der Freyheit 1791 ». Plus bas subsistent des traces de l’ancien cadran solaire avec l’inscription : « Telum umbra fugit » Tout ce décor, d’autant plus curieux que les inscriptions révolutionnaires sont plus rares dans notre pays, a été habilement restauré, sous la direction du Service des Monuments historiques, par notre excellent collaborateur M. Charles Wetterwald, de Guebwiller. »

30 3ème partie : Recherche

Saint-Léger témoigne d’une époque de transition entre les styles roman et gothique. Sa façade, qui comprend un porche et deux tours, est l’élément le plus remarquable de l’édifice.

31 Elle est représentative du roman rhénan alsacien (on pense à Sélestat, Marmoutier, Lautenbach), mais ici le porche règne sur toute la largeur de la façade, il est même accessible latéralement comme dans bon nombre d’églises bourguignonnes. Le décor en résille du pignon témoigne d’une influence francilienne, par exemple Saint- Etienne de Beauvais. Par ses lésènes ou bandes lombardes, elle s’inscrit dans la tradition de l’architecture lombardo-rhénane. On peut donc parler de croisement d’influences, y compris de Cluny.

32 Comparaison avec Sainte-Foy de Sélestat (1160 / 65 - 1175 / 80) ; cf. la silhouette générale, les trois tours...

33 Saints Pierre-et-Paul de Rosheim (1145 - 1170) ; cf. deux marmousets et autres sculptures... Eglise achevée au début des travaux de Guebwiller.

34 Et surtout la Cathédrale Notre-Dame de Bâle, véritable plaque tournante, construite dans les mêmes années, où on peut notamment comparer l’agencement intérieur au 1er niveau : les piliers alternativement forts et faibles de la nef et les piles cruciformes de la croisée, tous flanqués de colonnes engagées. Bon nombre de motifs du décor se retrouvent à Guebwiller, par exemple l’alignement de perles sur les voussures...

35 Mais aussi, le Portail Saint-Gall, véritable inspiration du portail de Guebwiller : colonnettes nettement dégagées du fond mural... 



36 Histoire de la recherche : dessin d’Adrien Dauzats.

37 Classée « Monument Historique » par arrêté du 26 août 1842, donc reconnue depuis longtemps, notamment par l’entremise de

38 Émile Boeswillwald, né à Strasbourg en 1815. D’abord tailleur de pierre, il étudie ensuite l’architecture dans l’atelier de Henri Labrouste et à l’école des Beaux-Arts. En 1860, Boeswillwald est nommé inspecteur général des monuments historiques, en tant que successeur de Prosper Mérimée. Restaurations à partir de 1850.

39 Xavier Mossmann, Chronique des Dominicains de Guebwiller, 1844, et Etude sur Murbach et Guebwiller en 1866 (surtout querelles entre la ville et l’abbaye sur l’absence d’autonomie, car Guebwiller est sous la tutelle des abbés jusqu’à la Révolution Française) ainsi que les travaux de l’abbé Charles Braun (1820-1877).

Sous la domination allemande, on peut aussi évoquer Rudolph Kautzsch (1868-1945).

40 Par des personnalités locales, telles Charles Wetterwald, le fondateur de la Société d’Histoire et du Musée, et Alexandre Meichler, président de fabrique, 


41 et régionales, comme Robert Will, auteur d’un très bel ouvrage, intitulé « Alsace romane ». 


42 Recherche la plus récente, par exemple les écrits de Philippe Legin, l’actuel président de la Société d’Histoire. Malheureusement, ce qui intéresse ces chercheurs, c’est de manière prioritaire l’abbaye de Murbach. Pourtant, l’église de Guebwiller a fait l’objet de maintes restaurations, notamment en 1975. Pour n’en citer qu’une autre, parlons des travaux effectués pendant 10 ans, dans le cadre du 800e anniversaire de la construction en 1982, ayant nécessité des

43 Fouilles archéologiques étalées sur 3 ans, en 1978, 1980 et 1982 effectuées par Pierre Brunel, ayant donné lieu à publication et aboutissant à 3 découvertes importantes.

Nous avons déjà évoqué les deux premières découvertes, celle des deux bâtiments antérieurs (dégagement des fondations d’une petite église de 18,50 sur 9m de l’époque carolingienne, fin 8e siècle, et d’une 2ème église du 11e siècle, agrandissement de la 1ère, donc 26,60m de long sur 15m de large, flanqué d’une tour-porche de 8m de côté) et du plan complet de l’édifice roman (plan en croix latine avec chevet plat).

Mais nous n’avons pas encore parlé des projets successifs du porche d’entrée Ouest. Ce porche prévu dès l’origine était censé être fermé traditionnellement comme Marmoutier, Lautenbach ou Sélestat, avec une seule tour centrale. Donc, on découvre une genèse en deux étapes : l’une traditionnelle, rhénane, l’autre, symbolisée par la façade à 2 tours, « moderne », bourguignonne, voire française.

De plus, nécropole : plusieurs sarcophages en grès rose ou jaune du 11e au 13e siècle et de nombreux cercueils de membres de familles nobles. Sépultures également sous le porche, donc fonction funéraire établie.

Conclusion

44 A l’aide de la Bibliographie, on peut se rendre compte que les derniers écrits datent des années 80. Il y a quelques pages, voire seulement un paragraphe sur l’église dans tous ces ouvrages. Sur Guebwiller même, il n’existe aucun ouvrage récent.

47 Réponse : église particulière, du fait de sa longue histoire, liée à celle de la cité Guebwiller, et de son harmonie due à la reproduction de son module de base, le carré. Or, cette ville moyenne, ainsi que ces deux édifices médiévaux, le Couvent des Dominicains et l’Eglise Saint-Léger méritent le détour. Cela pourrait faire l’objet d’une étude approfondie fort intéressante. Malheureusement, la volonté politique n’existe plus et les acteurs locaux semblent s’essouffler. Pour preuve, le musée du Florival a relégué les témoins du passé médiéval de Guebwiller dans les réserves et célèbre désormais le passé industriel de la ville au XIXe siècle (industrie textile) et son grand collectionneur Théodore Deck (art Iznik).

Annexe :

45 - 46 KELLER, Charles, « Un essai d’explication de la symbolique de l’église Saint-Léger de Guebwiller », Archives de l’Église d’Alsace, 44, 1985, p. 81-95.


Partout dans l’église de Guebwiller, symbolique des nombres. 


Au niveau du portail, évocation du mystère :



1) la plénitude du 3 —> tympan ; 




2) les 6 colonnettes symétriques, de part et d’autre du portail, symbolisent le monde ;



3) la feuille d’acanthe, qu’on retrouve sur le chapiteau de l’une de ces colonnettes —> allusion à la végétation du « Florival » : signe de l’immortalité ;



4) l’homme aux pieds nus , sur ce tympan plutôt fruste —> Jésus parmi les hommes, humble et pauvre. A gauche, impératrice ou empereur, à droite, saint ou moine : Vierge et saint Jean, Comte Eberhard et saint Pirmin ou saint Léger, Charlemagne et saint Nicolas ? En tous les cas, le pouvoir politique (couronne et sceptre) et pouvoir spirituel (vêtu d’une chasuble).



5) le soleil de justice —> une boule sur l’intrados, au-dessus du Christ.



6) les apôtres : 12 fleurs à 4 pétales sur 1ère voussure ; 




7) les apôtres et et Christ, maitre du temps —> 12 apôtres = 12 mois —> année parfaite : le Christ. Sur la 2ème voussure, deux têtes : Adam et Eve = l’humanité = le microcosme ;




8) 7, le nombre saint et parfait : 21 boules = 7 X 3 —> macrocosme.



9) la Sainte Trinité : 3 têtes sur la dernière voussure ; 




10) l’Agneau Pascal sur la clef de voûte du narthex —> le Christ, pieds nus sur terre, mais agneau de Dieu qui efface les péchés du monde.

+ 2 têtes d’atlantes, gardiens qui attendent le passage des fidèles.


 

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